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LES GRANDES MAREES

Production :

Type : Fiction
Production :
Image Mouvement
Délégué de production :
Raphaël Patrice
Réalisation :
Vincent Clap
D'après "Les Grandes Marées" de Matei Visniec
Assistant : Laurent Dion
Image : Vincent Clap
Montage :
Son : Gilles Boussion, Coda Prod.
Casting : Vincent Tessier, Nathalie Fort, Martine Vandeville

Format : Dv pal 16/9e
Durée : 13 mn

Synopsis :

Un matin, quelque part sur les rives de l’océan Atlantique, un photographe professionnel vient prendre quelques clichés, on prévoit « les Marées du siècle ». Une jeune femme énigmatique sort de l’océan et une conversation s’engage. Avant de s’en retourner dans la mer, elle laisse entendre qu’ils se sont aimés. Le soir, mêmes rives, même photographe, mais cette fois une vieille femme sort de l’océan et la conversation reprend. Ils se seraient aimés depuis un demi-siècle. Une petite phrase résume assez bien ce tragique du temps : « Chaque fois qu’on vieillit d’un coup à côté de l’homme qu’on aime, l’autre ne s’aperçoit pas. On dirait qu’on vieillit pour rien. Il ne se rappelle que le jour où nous nous sommes rencontrés. C’est tout. ». Pour finir on découvre que le photographe est mort et que la vieille femme est venue jeter ses cendres dans la mer, un jour de grandes marées. Les grandes marées dévastatrices du temps.

Note d'intention :

Ce court-métrage s’inscrit dans un projet global sur Matei Visniec regroupant plusieurs disciplines artistiques : le Théâtre, la photographie, les arts plastiques et la vidéo. Il serait donc intéressant selon moi que chaque œuvre ait sa propre atmosphère (en plus de celle donnée par l’auteur).

La réalisation prendrait donc la direction suivante : atténuer l’aspect déroutant de l’histoire (temporalité essentiellement) en appuyant sur l’attirance commune entre les deux personnages du premier tableau, et la détresse des deux personnages du second tableau. Le choix sera orienté vers une réalisation plus classique et ne jouera pas sur les « paradoxes » pour faire ressortir la puissance du texte. Malgré une chronologie fonctionnant à plusieurs niveaux et vitesses (donc déstabilisante) le spectateur aura une continuité « logique » et régulière à laquelle il pourra se référer : l’histoire d’amour naissante du premier tableau, et la détresse commune du second tableau. Les sentiments que ces « trois » personnages éprouvent sont les seuls éléments qui ne soient pas altérés par le rapport au temps du récit et c’est sur cela que s’appuiera la mise en scène en tant que fil d’Ariane du spectateur.

L’objectif à atteindre est le suivant : à la fin de la projection, le public doit avoir vu une histoire d’amour réelle (de la naissance à la fin impossible de cette histoire), et par la suite se poser les questions sur les indices temporels laissés au fil de l’histoire (depuis quand se connaissent-ils exactement, est-il mort, a-t-elle vraiment vieilli, pourquoi ils ne se retrouvent pas, etc.) et non l’inverse, sortir plein de questionnements, y compris sur l’histoire des deux personnages. Le public doit être sûr des sentiments qui ont existé dans ce court-métrage.

Il y aura dans la réalisation de nombreux indices destinés à créer des ruptures dans l’histoire, le rythme et visant à « dénoncer » le fait que quelque chose dans cette histoire est déroutant : le temps, les Grandes Marées. Alors qu’elles auront ce rythme régulier proche du temps qui s’écoule, les indices viendront perturber ce faux équilibre temporel, et souligneront que le temps, dans cette histoire, n’est pas régulier et joue des tours.

Le photographe :

Le photographe est le seul personnage qui est « là » alors que tous les autres « arrivent » dans l’histoire. Il détient la seule machine qui a la capacité de figer le temps : un appareil photo. Il est également le seul personnage présent du début à la fin dans les deux tableaux.
La rencontre avec la jeune fille le place en position de victime (pas au sens préjudiciable du terme), il subit ce nouveau personnage qui vient perturber sa contemplation des Grandes Marées (temps ?), situation que l’on pourrait associer au bouleversement que peut créer une rencontre dans une vie. Son attirance est sans équivoque mais discrète. Cette jeune fille l’intrigue, l’attire mais il n’a pas le temps de faire un pas vers elle puisqu’elle envahit directement son espace (ce qui le déstabilise). La particularité de la situation ne le décourage pas pour autant il restera auprès d’elle tant qu’elle le lui permettra, jusqu’à la fin de leur histoire.
Dans le second tableau, pour lui, leur histoire ne s’est pas finie, il attend toujours que la jeune fille revienne du bord de la mer pour continuer leur aventure (chose qui ne se produira pas). Ainsi lorsque la vieille femme se présente à la place de la jeune fille, il ne réagit pas car son histoire ne fait que commencer et il attend ce qui ne viendra jamais, la suite de cette histoire. En refusant de voir la vieille femme, il met également un terme à ce qu’elle désirait : une histoire d’amour avec lui.

La jeune fille :

Nous ne connaissons rien de ce personnage, telle une comète elle arrive, bouscule tout sur son passage et repart. La jeune fille est un bouleversement pour le photographe (que ce soit dans le récit ou dans son histoire personnelle), elle semble ne rien attendre de lui et malgré tout l’envahit et perturbe sa tranquillité.  La jeune fille fait connaissance pour deux, elle n’attend pas les questions, elle donne les réponses directement comme si elle pouvait lire dans les pensées du photographe. Elle est presque toujours en avance sur lui (dans les étapes de leur rencontre) et les rares fois où il prend les devant elle se vexe. Elle crée une situation particulière, ne laissant aucun répit  au photographe, qui finalement reste spectateur de leur histoire. Cependant cet aspect sauvage va s’atténuer peu à peu au fil de leur rencontre, elle se laisse apprivoiser doucement et s’habitue à la présence du photographe. A ce moment là encore elle crée un déséquilibre en évoquant leur histoire comme quelque chose de bien ancré et de naturel alors que lui ose à peine imaginer quelque chose entre eux, mais à partir de cet instant elle lui appartient (chose qu’il n’a pas totalement saisi), elle s’est donnée à lui définitivement.

La vieille femme :

En toute logique, la vieille femme revient de la mer où elle est partie voilà quelques instants, mais tout a changé. Elle lui appartient toujours, mais lui est parti, il la regarde à peine et ne l’écoute presque pas car il attend la jeune fille. Au fond le photographe attend la même chose qu’elle : le retour de son amour, mais suite au changement des Grandes Marées il le lui refuse.
Ce que vit la vieille femme c’est la fin d’une histoire. Son amant ne la reconnaît plus, ne la regarde plus, ne l’écoute plus. Cette femme a le cœur brisé et par amour tente de retrouvée sa place d’amante dans le cœur de cet homme qui se fait de plus en plus étranger. La vieille femme voit l’amour de sa vie s’éloigner peu à peu d’elle et ce malgré ses appels. Est-ce une rupture ? Est-ce la mort ? Ce qu’elle ressent c’est la fin de leur histoire. Pour ce personnage un changement s’opère dans la même continuité puisque son amant passe de vie à trépas le temps d’une réplique. Elle a fait un bon dans le temps et son amant ne l’a pas suivie, ce qui provoque cette détresse chez elle. Le plus dur pour elle n’est pas le temps qui les sépare mais la perte de son amour. Au final elle doit renoncer à tout, mettre un terme à cette histoire qui a pris fin malgré leur volonté commune de continuer, ainsi sa dernière réplique ressemble à la phrase d’une vieille dame folle et perdue dans les émotions qu’elle a pu subir.

Enfin cette histoire est une sorte de tragédie, un couple qui ne peut achever son histoire d’amour parce que des éléments tels que les Grandes Marées (ou le temps) en ont décidé autrement. Tel est le sentiment qui devra émaner des Grandes Marées, le spectateur ressentirait la même frustration que quand Roméo et Juliette se ratent d’un instant et se perdent.

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Statut : post-production...

...Extrait vidéo à venir prochainement...


Galerie :

 

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